Affaires Criminelles

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Affaire Grégory

Affaire Grégory Retour sur l'affaire criminelle la plus célèbre des années 80

Mis en ligne le 22/10/2009 - 10H37
France - 1984
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C'est sans conteste "l'affaire des années 80"! Celle qui aura ému la France entière et monopolisé le plus longtemps la Presse et l'opinion ! Cette affaire, qui reste très présente dans la mémoire collective, c'est celle du "Petit Grégory"… Une affaire toujours ouverte!

Le Drame

Le 16 octobre 1984 à 17H00, Christine Villemin appelle affolée les gendarmes de Lépanges-sur-Vologne. Son petit garçon Gégory, âgé d'à peine 4 ans, a disparu. Les recherches sont immédiatement lancées. Une demi-heure plus tard, Michel Villemin - le frère du père de Grégory -  reçoit un appel anonyme. La voix est masquée, déformée, mais le message est aussi clair qu'effroyable : "Grégory est mort noyé dans la Vologne".
Les gendarmes intensifient leurs recherches sur les bords du fleuve. Vers 21H15, les enquêteurs retrouvent le corps du petit garçon flottant contre un barrage de la Vologne, non loin de Dorcelles. L'enfant a les pieds et mains liés.
La Presse se jette sur cette histoire et envahit la petite commune (pendant des jours, l'affaire va monopoliser les journaux TV et faire les grands titres des quotidiens).
Le lendemain matin, les parents reçoivent une lettre anonyme : "J'espère que tu mourras de chagrin, Le Chef. Ce n'est pas ton argent qui pourra te redonner ton fils! Voilà ma vengeance, pauvre con!".

Un Corbeau recherché

Une telle lettre de menace, les Villemin en ont déjà reçues en mars, avril et mai 1983. Dès 1982, la famille avait reçu des appels anonymes menaçants. Mais qui est donc ce mystérieux maître chanteur que la presse surnomme déjà "Le Corbeau"? Il semble bien connaître Jean-Marie Villemin, le père de Gregory, et l'appelle "Le Chef" avec une rancœur qui laisse transparaître de la jalousie.
C'est évidemment ce Corbeau qui intéresse au plus haut point les gendarmes. Et ils vont très vite orienter leur enquête vers une jalousie familiale. Dans les jours qui suivent, tous les membres de la famille sont convoqués à une dictée pour analyse graphologique. Ils seront en tout près de 140 personnes à se livrer à cet exercice.
Et les résultats de l'analyse graphologique pointent un doigt accusateur vers Bernard Laroche, le cousin germain de Jean-Marie Villepin.
Le 31 octobre 1984, le couple Bernard et Marie-Ange Laroche est placé en garde-à-vue. Ils sont cependant libérés 24 heures plus tard sans aveux ni preuves nouvelles. Ils demeurent cependant en examen.

Un témoignage clé

Les gendarmes continuent d'interroger la famille, les voisins et les proches des Laroche. Et notamment une jeune fille de 15 ans, Murielle Bolle, belle-sœur de Bernard Laroche.
Elle raconte une première fois que le 16 octobre, à l'heure du crime, elle se trouvait avec son beau-frère et sa femme au village d'Aumontzey à plusieurs kilomètres de Lépanges. Sous l'insistance des gendarmes qui repèrent des incohérences dans ses histoires, elle finit par changer de version. Le 5 novembre, elle avoue que, le jour du drame, Bernard Laroche est passé la chercher à la sortie du collège. Ils sont allés à Lépanges et elle a vu son beau-frère enlever Grégory. Quelques minutes plus tard, Bernard et l'enfant sont sortis ensemble de la voiture pendant qu'elle restait dans l'automobile pour surveiller le propre fils de Bernard. Lorsque ce dernier est revenu dans la voiture il était seul, le petit n'était plus avec lui. Suite à ces accusations, Laroche est arrêté le soir même, à la sortie de son travail.
Le lendemain, à la surprise générale, la presse est convoquée chez les Bolle. Murielle, devant les caméras, revient sur sa version. Sous la pression des gendarmes, elle aurait inventé toute cette histoire. Son beau-frère est innocent, affirme-t'elle.

Une mère accusée

Les gendarmes reprochent au juge d'avoir laissé la jeune fille retourner trop vite dans sa famille et d'avoir permis à celle-ci d'endoctriner le témoin. Une critique non négligeable qui marque le début d'une discordance entre le juge et les enquêteurs de la gendarmerie. Celle-ci va s'aggraver de jour en jour. D'autant que les preuves qui accablaient Bernard Laroche s'effacent peu à peu: après le retrait de Murielle, c'est l'analyse graphologique qui est déclarée irrecevable pour non-respect de la procédure, puis la lettre du Corbeau qui est jugée inexploitable car elle a été trop manipulée et endommagée lors des recherches d'empreintes. Voilà qui n'arrangent pas les relations entre le juge et les gendarmes.
Parallèlement, la presse, qui n'apprécie guère les exclusivités données à Paris Match par une famille Villemin plutôt mal conseillée, commence à désigner un nouveau coupable bien plus spectaculaire et vendeur: des témoins affirment avoir vu Christine Villemin poster une lettre le 16 octobre. La mère du petit Grégory affirme que ces témoins se trompent. Elle a bien posté une lettre, mais la veille, le 15 octobre. Et bien que les gendarmes relèvent plusieurs incohérences entre les témoignages, le juge considère qu'il tient là un élément clé. Il nomme un nouvel expert en écriture qui va à l'encontre des précédentes analyses : Laroche n'est pas le Corbeau. Le Juge libère Bernard Laroche le 4 février 1985, mais celui-ci demeure inculpé d'assassinat… étrange paradoxe.

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